Archives mensuelles : mars 2017

Tou-te-s porteurs de projet !

Pas de porteur de projet, pas de projet !
Voilà un bon conseil, une observation mainte fois confirmée par notre expérience des projets les plus variés, un véritable axiome de la Permaculture Humaine. Lorsque nous abordons un nouveau projet, c’est même l’une des premières questions à laquelle nous cherchons à répondre. Qui est ce fameux porteur de projet ?

Un rôle…

Est-ce que “porteur de projet” est réservé à une certaine niche* ?
La réponse est “non”.

Être porteur de projet est un rôle. Artiste, Ingénieux, Contemplatif, Scientifique, Propagateur de bonheur, Social, Embellisseur, Concepteur Designer, ou Communicateur,  nous sommes tou-te-s capables de porter un projet.

(* Si la notion de niche permaculturelle ne vous est pas familière, n’hésitez pas à vous inscrire à notre formation Design+ | Design de vie)

… pour tou-te-s !

Non seulement, nous sommes tou-te-s capables d’être porteurs de projet, mais nous sommes déjà tou-te-s porteurs de projet !
En tant qu’adulte, nous portons au minimum le projet de notre vie !
Et à partir de là, la liste grandit vite.

Prenons un exemple “simple” : l’organisation de vos vacances.
Vous êtes “responsable” du déroulement de vos vacances.
C’est vous qui :

Posez l’intention. Plage ou montagne. Ville ou nature. Dispendieuses ou économes…

Constituez l’équipe. De l’ami qui peut vous conseiller, aux enfants qui peuvent vous accompagner, à l’agence de voyage qui pourra réserver les billets, au site internet de réservation qui pourra vous aider à trouver un logement.

Maintenez le cap. Personne n’est plus motivé-e que vous par le bon déroulement de vos vacances (votre projet). Personne n’a plus envie de réaliser votre intention que vous. Avant, pendant et après, c’est vous qui monitorez et ajustez ce bon déroulement. La route vers votre destination est bloquée par des inondations ? C’est vous qui trouverez le bon détour.

Prenez la responsabilité. Un mot chargé de nos jours, certes. Pourtant “Responsable” veut dire “être capable de répondre”. C’est ce que fait le porteur de projet. L’agence de voyage a fait faillite. Le budget de vos vacances était mal ficelé… C’est vous qui devez réagir, ajuster…

Un-e entrepreneur-e…

Exprimé ainsi, le porteur de projet s’apparente au rôle de l’entrepreneur-e.

L’entrepreneur-e prend des risques. Comme le jardinier, le chasseur et le pêcheur, il/elle n’est pas garanti-e de son résultat. Il/elle se déploie pour réussir.
Une approche opposée et pourtant complémentaire avec celle du/de la salarié-e ou “travailleur sur commande”, qui se déploie en connaissant assez précisément les modalités de sa rémunération.

Ceci dit, je ne suis pas obligé-e d’être indépendant-e ou patron pour être porteur de projet. Je peux porter un projet en tant que particulier ou bien au sein d’une entreprise ou d’une association. Et les projets que je porte peuvent être aussi vastes et ambitieux (“mettre un homme sur Mars”) que spécifique ou anecdotique (“optimiser le plan de retraite des ingénieurs travaillant sur la phase 2 du projet de mettre un homme sur Mars”).

Ce qui importe, c’est ma prise de position au moment où je dis : “je m’en charge !”

Attention ! “Je m’en charge !” ne veut pas non plus dire “je le fais tout seul”.
C’est peut-être le cas pour la minorité de projets constitués d’une seule tâche (exemple : “je me charge du vin”) et même là vous travailler en équipe (dans l’exemple du vin, vous demanderez conseil à votre caviste du coin, etc).
Mais, la grande majorité des projets sont constitués de plusieurs tâches, nécessitant des ressources, compétences et talents variés.

Elon Musk porte le projet “Tesla”, et ce n’est pas lui qui fait tout chez Tesla !!

… Un-e entrepreneur-e aligné-e !

Par contre, Elon Musk est aligné avec le projet “Tesla”.
J’argumenterai même que seule une poignée de personnes sur la planète sont alignés par leur motivation, talents, expérience, compétences, timing pour être le porteur de projet de “Tesla”… ou du prochain tube planétaire sur YouTube ou de la solution pour guérir le cancer du sein. Et vous êtes le/la seul-e parfaitement aligné-e pour porter le projet de vos vacances 🙂

Tout cela pour dire que, avant de se porter volontaire devant la destinée ou tout simplement devant son équipe, le porteur de projet a tout intérêt à se questionner. Avant de s’engager, avant de dire “je m’en charge !”, il devrait d’abord regarder en lui et répondre à la question : “Suis-je aligné-e avec ce projet ?”
C’est un exercice “cerveau-droit”, intuitif avant tout. Seulement dans un deuxième temps peut-il être bon de le confirmer par le raisonnement du “cerveau-gauche”.
D’avoir fait l’exercice, il se rend service et rendra aussi service au “nous”, à son équipe, à son écosystème, à son environnement.

Pas d’inquiétude ! Le monde ne manque pas de projets à porter !

By |2017-06-05T21:51:17+02:00mars 30th, 2017|Editorial|0 commentaire

Pourquoi avoir écrit sur la permaculture humaine ?

La ferme de Rougemont au Québec fut pour moi un apprentissage hors pair.

L’application du design “terrain” fut simple à côté des interrelations humaines autour des projets que nous voulions mettre en œuvre. Malgré l’articulation créative des projets qui nous animaient et que l’on avait tous envie d’expérimenter en équipe, le délicat facteur humain demeurait, dans tous les cas, l’obstacle majeur à dépasser. Et sur ce plan, nous n’étions pas assez outillés !

Au delà du coaching que nous recevions de Carole Ricard de Findhorn et de formations à la CNV (Communication Non Violente) prises directement auprès de Marshall Rosenberg, il y avait toujours des dysfonctionnements qui nous empêchaient d’aboutir à quelque chose qui tourne avec facilité.

Le poulailler

Ironiquement, c’est en observant mon poulailler que j’ai eu “la” révélation.

J’étais fasciné par la relation entre les coqs #1, #2 et #3, sachant qu’ils avaient chacun leurs propres poules. Leur comportement était ordonné. Leur comportement était maintenu par des règles qui s’appliquaient au quotidien. La nature avait donc prévu des mécanismes fonctionnels entre individus d’une même espèce permettant d’assurer la pérennité de leur vie sociale. Il “suffisait” donc de les découvrir et de les appliquer aux êtres humains.

Si nous appliquons les principes de la nature dans le design terrain, ou dans des concepts créatifs, sans doute pourrions-nous les appliquer dans un design de comportement humain ? Tel fut le départ de ma réflexion.

Mais quels étaient donc ces mécanismes prévus par l’intelligence profonde de l’univers humain ?

Faire une erreur est humain, la faire deux fois est bête

Nous sommes en 1996.
Je viens de perdre, dans des conditions tumultueuses, un associé estimé, son épouse et ses deux enfants.
Nous sommes tous perdant par manque de stratégies, certes, mais surtout par notre comportement relationnel dysfonctionnel. De la communication “non-violente”, nous nous étions installé dans la “non-communication” violente, encore plus insupportable.

Pour atténuer la peine que je ressentais et avec la volonté de ne pas répéter toujours les mêmes erreurs dans le futur, je pris une feuille de papier. Dessus, j’y posai mon analyse. Que c’était-il passé dans cette relation ?
C’est ainsi que j’ai initié un processus de recherche, qui continue depuis.
Celui que j’ai appelé la permaculture humaine.

La zone 00

C’est aussi en 1996 qu’a émergé le concept de la zone 00 (qui se dit “zone double zéro”).
Une prise de conscience avait démarré dans le monde des permaculteurs : l’importance d’interpréter et de prendre en compte les besoins profonds de chaque individu et être attentif à leur état d’âme.

L’autre point crucial a été de déterminer les rôles (les niches) de chacun.
Et puis écrire explicitement les engagements / les tâches que nous “endossions” chacun.

Ce qui a été flagrant, c’est qu’immédiatement les relations se sont améliorées. Non pas qu’il n’y avait plus de frictions, voir de disputes. Je pense que cela fait parti de l’apprentissage (la poule A pique la poule B ou C pour rétablir la bonne relation).
Ce qui était nouveau c’est que nous connaissions nos limites et les limites de nos co-équipiers. Nous étions au clair sur les intentions de chacun.

Une rencontre, une équipe

En 2012, j’ai eu la chance de rencontrer Cécile Guiochon.
Cécile s’était inscrite à une formation sur la permaculture au Bec Helloin dont j’étais l’animateur. Cécile, à la plume renommée, voulait écrire sur la permaculture et était intéressée par cette approche humaine. Ce fut Charles Hervé-Gruyer qui eut l’idée de nous mettre en relation pour écrire quelque chose et partager ces outils efficaces au travers d’un livre.

Nous sommes dans un temps de transition : le monde industriel est issu d’un  »design » dysfonctionnel inventé par l’homme qui a oublié d’appliquer les lois fondamentales de notre écosphère. La parenthèse industrielle s’achève pour laisser place au monde collaboratif ! Dans la nature, les écosystèmes en déséquilibre sont appelés à disparaître, sauf s’ils mutent en s’adaptant au changement.

Le livre

Le livre  »LA PERMACULTURE HUMAINE, des clés pour vivre la transition » était sous presse lorsque le film DEMAIN de Mélanie Laurent et de Cyrill Dion est sorti en salle. Nous étions dans la bonne synchronicité. Notre livre devenait l’outil utile pour celles et ceux qui ressentent la nécessité de se transformer.

A vous !

Ce n’est pas la planète que nous devons sauver, mais bel et bien nous-mêmes, en temps qu’humanité ! Bonne transition à tou-te-s !

Bernard Alonso

By |2017-06-05T21:53:36+02:00mars 30th, 2017|Editorial|0 commentaire

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