Comme le disait Aristote, nous sommes une espèce sociale. Des découvertes récentes montrent que notre cerveau comporte des neurones miroirs qui nous permettent spontanément d’entrer en empathie avec d’autres. De se mettre à leur place ! Quand on voit quelqu’un qui se blesse, qui éclate de rire ou réconforte un proche… notre cerveau s’active dans les mêmes zones que celui de la personne en question, il fonctionne en miroir et nous ressentons la douleur, la joie, la compassion… Ce fonctionnement se déclenche aussi quand il s’agit d’animaux voire de végétaux pour les plus sensibles d’entre nous.

Et le plus surprenant c’est que l’on retrouve les mêmes neurones chez certains animaux, l’empathie est, sans doute, réciproque. On voit aussi des animaux avoir de l’empathie pour des individus d’une espèce avec laquelle ils ont plutôt normalement des rapports de prédation.

Cette empathie nous nourrit, elle génère un confort, une appartenance, élargit le corps social au vivant. Elle cultive notre intuition.

En tant qu’individu, nous sommes un écosystème intégré dans un écosystème plus large. Cela suppose de nombreux échanges (information, matière, énergie) entre éléments du système mais aussi, groupé avec les autres, en tant que système. Comme des poupées russes, les systèmes s’emboîtent les uns dans les autres. À partir d’un seuil de complexité du corps social, notre raison seule perd son efficacité, égarée par la complexité. Avec le concours de l’intuition, elles nous donnent accès au méta-système, à l’intelligence collective.

Eric Luyckx


Intuition : C’est un mode de connaissance, de pensée ou jugement, perçu comme immédiat (au sens de direct) ; selon les acceptions, c’est un processus ou une faculté de l’esprit. Le domaine de l’intuition est large : il concerne aussi bien la connaissance proprement dite (représentation du monde) que les sentiments (sur les choses) ou les motivations (à agir). (…) L’intuition semble être immédiate du fait qu’elle paraît opérer sans user de la raison, et est généralement perçue comme inconsciente : seule sa conclusion est alors disponible à l’attention consciente. L’intuition n’opérerait ainsi pas par raisonnement : elle ne serait jamais la conclusion d’une inférence, du moins consciente. (…) Pour Arthur Koestler, physicien et écrivain anglais d’origine hongroise (1905-1983), le déclic créateur est lié à un processus psychologique de régression, à une levée des contrôles intellectuels, à un glissement vers un équilibre mental plus primitif, une sorte de « débranchement » des connexions habituelles. Alors peuvent se nouer des connexions nouvelles qui, normalement, sont censurées ( inhibition latente ). Ces connexions ne sont pas verbales, mais plutôt visuelles, analogiques ou métaphoriques.

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